Travaux de petites mains : broderie, point de croix, activites manuelles
En écho à l’article de Bidouillette
http://bidouilleriesbilitounette.over-blog.com
Ici, on prononce ce mot en doublant le "t", d'où cette transcription...
Le matté se prépare avec les feuilles d’Ilex paraguayensis,
un arbre de la famille des houx
qui peut, à l’état sauvage mesurer jusqu’à 15 mètres de haut.
Comme pour le thé, les arbres à matté cultivés
sont maintenus à hauteur d’homme
pour faciliter la cueillette des feuilles.
Le matté est souvent présenté (à tort) comme un thé, provenant du Brésil ou du Paraguay.
Il est aussi appelé thé des Jésuites, parce que c’est par les Jésuites du Paraguay, du Brésil ou d'Uruguay qu’il a été ramené en Europe.
Toutefois, mis à part le fait qu’on le consomme en infusion, il n'a rien à voir avec le thé !
On se sert d’une petite calebasse (mati en quechua)
, traditionnellement en bois.
Mais j’en ai aussi une en porcelaine
Et il pourrait bien en exister en verre, en argent…
mais je n’en ai jamais vu.
Je dois préciser que dans notre famille,
on n’en consomme jamais. C'est à l'école qu'il m'arrive d'en boire...
Revenons donc à notre calebasse,
dans laquelle on place une sorte de paille métallique
terminée en forme de cuiller creuse percée de petits trous, appelée aussi bombilla.
Je ne sais pas si c’est très clair…
On met les feuilles de matté dans la calebasse,(1 bonne cuiller à café), on pose la paille, puis on ajoute de l’eau frémissante (il ne faut pas qu’elle soit bouillante). On laisse infuser 2-3 minutes (c’est affaire de goût). Il est possible de faire plusieurs infusions successives, chaque fois plus douce que la précédente.
Ici, au Liban, c’est surtout dans la communauté druze que l’on boit le matté.
Comme la consommation du café (turc, bien sûr, j’en parlerai une autre fois), du thé, mais aussi du narguilé, boire le matté est avant tout un acte convivial. Et toute occasion est bonne : une petite pause, visite de courtoisie, de convalescence, bonne nouvelle, départ ou retour de voyage, un peu de cancans pourquoi pas ?... On a envie de se faire un petit matté ? on invite la voisine ou le voisin… Dans un magasin on peut être cordialement invité, tout simplement parce qu’on est là au bon moment…
Quant à ce qu’on pourrait appeler « la cérémonie du matté », elle fait quelquefois frémir les nouveaux venus de notre époque stérilisatrice : en effet, lorsqu’un hôte offre le matté, il en boira la première infusion, très amère. Puis, il remet de l’eau dans la calebasse, et la propose ensuite à ses invités, qui vont aspirer le liquide à la même paille… et ainsi de suite. C’est vrai que chacun pourrait avoir sa paille… je crois que l’esprit de la réunion en pâtirait. Quoiqu’on puisse en penser, il me semble qu’il y a là un signe de confiance et de bonhomie. Et comme nombre d’habitudes « à l’ancienne », il faut être dans le contexte.