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Travaux de petites mains : broderie, point de croix, activites manuelles

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D'une chose à une autre

La semaine passée, à Beyrouth, nous accueillions le Salon du Livre, dont le thème cette année était « Les mots des autres ». Honneur donc aux auteurs non seulement français mais francophones. Certains se souviennent peut-être qu’un des derniers Académiciens élu est libanais, Amine Maalouf. Voilà pour le contexte de ma petite histoire d’aujourd’hui.salon-du-livre-2013.jpg

J’étais donc de permanence sur le stand de l’AEFE avec une autre prof, Dany. Et à un moment, pour tuer la période morte du midi, elle me propose de grignoter… une gousse de caroubier. Surprise ! Ca se mange ces choses ? Ces choses que je ramasse, montre et commente à nos visiteurs à chaque ballade dans la nature ? Ces choses que je prends dans mes bagages pour les donner au chat de mon fils pour qu’il joue en les faisant glisser sur le parquet ?gousses-sur-branche.jpg

 

Et c’est bon ! Ca résiste un peu, certes, mais on peut aussi les sucer paraît-il. Parce que quand j’en ai parlé, revenue à la maison, tout d’un coup, tout le monde était au courant ! 33 ans que je suis dans ce pays, que nous pique-niquons sous des caroubiers, que je fais la leçon à qui a la patience de m’écouter, et personne n’avait jamais eu l’idée de me dire que ça se mangeait ! OK, il a fallu presque une demi-heure à mon mari pour deviner ce que j’avais mangé ! Et pourtant, nous sommes rompus à ce petit jeu !

La mélasse de caroubier est une denrée commune ici. Le plus souvent on la consomme mélangée à de l’huile de sésame, en dessert. Elle entre dans la composition de certaines pâtisseries, quelquefois aussi en cuisine (beaucoup plus rare, le Libanais n’est pas traditionnellement fan de sucré-salé). Sucrée, au goût un peu chocolaté, il va de soi que c’est fabriqué à partir de ces fameuses gousses. Mais je m’étais toujours imaginé que c’était le résultat d’un plus ou moins compliqué processus d’extraction et de fabrication.

Donc, quand j’ai parlé en famille de ma découverte, les aînés m’ont dit que oui, bien sûr, c’était autrefois l’équivalent du sucre, au même titre que le miel. Lorsque desserts et bonbons n’étaient pas de mode, cette gousse était une friandise naturelle et peu onéreuse. Il suffit de croquer dans les gousses. Mais seulement dans les gousses, car les petites graines à l’intérieur, elles, sont d’un dur !

 

Et c’est là que ça devient intéressant.

caroubier-arbre.jpgLe caroubier est un arbre du bassin méditerranéen, à croissance lente, qui peut vivre jusqu’à 500 ans, dans des terrains plutôt rocailleux. Protégé en France, il est aussi connu sous le nom de Pain de Saint Jean-Baptiste, ou fève de Pythagore.

 

L’intérêt de cet arbre, et de ses gousses, n’est pas tant dans ses vertus culinaires et médicinales que dans ses graines. Elles ont la particularité d’être d’une régularité exceptionnelle de forme et de poids (entre 185 et 205 mg), au point qu’elles ont servi, depuis la haute antiquité d’étalon de masse pour peser l’or.gousse et graines

 

diamant.jpg

Et voilà l’origine du mot  « carat », fixé définitivement à 0,2 grammes en 1907. Du grec Keration, « petite corne, puis par extension, petit poids », en passant ensuite par l’arabe et l’italien. Chez les Romains, un scrupule pesait 6 carats. Tiens, on retrouve la base 6 des Anglais d’avant le système métrique…

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V
C’est avec plaisir que je me suis baladé sur ton blog<br /> bonne continuation
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Z
Merci pour ces explications très instructives !!!
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